L’automne dans un CPE

Nous sommes fin Octobre et je viens de reprendre mon poste d’éducatrice petite enfance remplaçante dans le CPE de l’Université de Montréal. Vous savez, le CPE avec ces 1001 sorties cet été! Entre temps, j’ai travaillé dans une garderie privée avec un chouette projet axé une grande partie sur l’agriculture urbaine avec les enfants. Je reviendrais vous en parler bientôt car ce n’est pas le sujet de cet article.


Ici comme en France, c’est l’automne mais c’est aussi l’Halloween! Et au Canada, c’est une grande fête! Les enfants du CPE ont eu leurs journées Halloween avec un après midi cinéma et une matinée pour aller chercher, déguisé, les bonbons dans les différents départements de l’université de Montréal. Je n’ai malheureusement pas participé à ces événements. Mais j’ai quand même vécu ma petite peur d’Halloween!

Synopsis
Nous sommes le 29 Octobre, je fais un remplacement auprès des enfants de 4/5 ans. Aujourd’hui, le temps n’est pas vraiment avec nous, il vente et il pleut. Les enfants ont une énergie débordante! Avec Christine qui est l’éducatrice présente avec le deuxième groupe des 4/5 ans, nous décidons de profiter d’une éclaircie en milieu de matinée pour aller prendre une marche, voire aller dans le parc du Mont Royal qui ressemble à une forêt.
L’organisation est un peu différente de cet été. Il commence à faire froid ici! Les enfants doivent donc s’équiper chaudement: pantalon imperméable, blouson, écharpe, bonnet, moufles et gants et on n’oublie pas le dossard du CPE! Tout ça dans une énergie débordante!
Après un rappel des consignes, nous partons en direction du parc, nous marchons en observant les maisons décorées dans la rue avec les citrouilles et les araignées géantes.
Le temps semble être avec nous, nous allons donc jusqu’au parc. Les feuilles jaunes tapissent le sol du parc, c’est juste magnifique.

La peur de l’éducatrice française qui ne sort jamais dans une forêt avec des enfants !
Les enfants se mettent à courir partout sur le chemin, à prendre des branches d’arbres plus grandes qu’eux, et à sauter un peu partout.
Et c’est à ce moment là qu’une peur que je pensais disparu refait son apparition… Il y a des roches dans les trous où ils sautent et les feuilles mouillées, c’est glissant. Je me fais le scénario de l’accident dans la tête. Je me sens toute crispée et je n’ai qu’une envie, c’est de regrouper les enfants pour faire quelque chose de plus calme. Mais en même temps ce ne serait pas la bonne solution car je sais qu’ils ont plein d’énergie à dépenser. Je commence à dire à certains enfants de faire attention à ci ou à ça mais j’ai l’impression qu’ils ne m’écoutent pas vraiment. Et nous sommes sortis pour que les enfants puissent dépenser leur énergie, je vais pas les arrêter juste à cause de mon angoisse de l’accident. Je me sens de plus en plus stressée.

Puis, je regarde l’éducatrice québécoise qui est avec moi… Stupéfaction, elle ne semble en aucun cas inquiète. Elle avance le long du chemin en appelant les enfants à la rejoindre en courant ou en marchant. Wahou! Je me rends compte que j’ai vraiment pas l’habitude de sortir dehors avec des enfants! Je souffle un grand coup!
«Ok, les enfants ont l’habitude de venir ici, moi non. Ils connaissent les lieux, moi non. Laisse les faire et si, un d’eux se met vraiment en danger, agit mais pas avant». Je commence à apprécier le moment.
Puis, nous continuons le chemin et les enfants remarquent un trou qu’ils ont bien envie d’explorer… Ce trou est plus grand qu’eux en profondeur et doit faire à peu près deux mètres de diamètre.
L’éducatrice va explorer les lieux en premier et après vérification d’absence de danger, c’est parti pour l’exploration!

M’étant détendue sur le risque de blessure, je peux prendre le temps d’observer ces 14 enfants autour de cet espace:
– un groupe de 4 enfants restent aux alentours pour ramasser des feuilles mortes et en faire des bouquets à ramener au CPE.
– un groupe de 8 enfants utilisent les branches d’arbres comme des cordes pour ramper sur les pentes de ce fossé.
– un groupe de 2 enfants jouent à monter et à sauter des pierres que se trouvent dans cet environnement.

C’est une véritable exploration des lieux qui durera environ 20 minutes!

Le retour au CPE
Il est 11h, déjà une heure que nous sommes partis du CPE mais il est temps de rentrer. Pour redescendre du parc, je sens que certains enfants ont encore besoin de se dépenser. Je propose que nous courions jusqu’à ce que je crie Stop ! C’est un défi pour moi car les feuilles glissantes n’ont pas disparu du chemin… Je fais donc de la prévention en leur indiquant que le sol est glissant.
Prêt… C’est parti !!! Je cours en avant pour veiller qu’aucun n’aille jusqu’au bord de la route et ma collègue ferme la course.

Les cris et les bruits des pas prennent possessions du chemin, une vague d’enfants déferlent sur le chemin laissant des coureurs souriants sur le bas côté. Imaginez 14 enfants descendre une chemin que vous décidez de remontez pour l’échauffement de votre course matinale… Je peux les comprendre que ça peut faire peur :).
Je prends un peu d’avance, me retourne, tend mes bras et crie… STOOOOOOOOOOOP !!! Et la vague se jette sur mes bras tendus juste avant la sortie du parc !
Maintenant, il est temps que chaque enfant récupère son souffle, se trouve un ami pour se mettre en binôme et que nous fassions le trajet du retour sur les trottoirs de la ville. Direction le CPE pour enlever nos vêtements, lavez les mains et le visage terreux pour prendre tranquillement notre déjeuner.

Moral de l’histoire
Faire confiance aux enfants quand vous sortez! Il y a toujours le danger de se blesser mais les enfants sont capables de faire attention par eux-mêmes dans une grande majorité des situations.
Joyeux Halloween à tous !